Du soleil et des notes bleus ! Le cœur de Capechecs s’est mis à battre au rythme des musiciens de jazz, qui ont rendu hommage à René Urtreger dans la salle Molière.
La tempête est passée, le vent s’est calmé et les allées du centre sont baignées de cette douceur automnale que l’on aime tant. Il y a le plaisir du combat et l’ambiance, la qualité de l’accueil, mais c’est aussi pour le climat que des centaines de joueurs et joueuses, de familles et d’accompagnants mettent le cap au sud. Certes, comme chaque année, le changement d’heure calme un peu les ardeurs. Les ultimes rayons s’effacent si vite. Les parties des opens se finissent parfois en nocturne, quand elles ont commencé en plein soleil.
Ascenseur pour le paradis
La musique est l’une des empreintes profondes du festival. Les grands noms du jazz français ont fait vibrer les cœurs à l’espace Rencontres et dans la Salle Molière. Hier en soirée, Ahmet Gulbay, Jean-Marie et tous leurs potes musiciens avaient une larme à l’œil. En 2026, leur vieux complice, un ami légendaire de Capechecs s’en est allé swinguer sous d’autres cieux. René Urtreger a tiré sa révérence en juillet. Il venait d’avoir 92 ans. Longtemps, il avait clôturé les Rencontres en jouant «Smile» au piano, la chanson de Charlie Chaplin. Alexis Lograda l’accompagnait au violon. Cette balade universelle parle de l’amour de la vie et de la beauté du monde. Elle date de 1936. C’était la chanson culte du film « les Temps Modernes ». Aujourd’hui, on dirait que c’est un hymne à la résilience. René revenait la jouer chaque automne à Capechecs. Elle était devenue emblématique de ce tournoi qu’il aimait tant. « Smile », c’était le temps des copains. C’était ce jeu de l’esprit qui le fascinait et qui l’avait diverti toute sa vie. Comme un clin d’œil, Jean Fauque est venu pour la première fois visiter le Cap, en fin de matinée. Il était ébahi et heureux de voir cette fourmilière géante s’ébaudir en toute simplicité et souriante, sous un ciel radieux. Jean était notamment le parolier de l’immortel Alain Bashung : « La nuit, je mens. Je prends des trains à travers la plaine… ». La chanteuse Lizzy Ling l’accompagnait. Il y avait des notes bleues dans le ciel du Cap. L’évocation de René Urtreger et son quatuor mythique avec Miles Davis à la trompette. Avec leur copain Alain Ortega, Jean et Lizzy souriaient…
Smile/Souris
Même si ton cœur te fait mal
Souris !
Même s’il se brise !
Quand il y a des nuages dans le ciel,
Tu t’en sortiras !
Si tu souris à travers tes peurs et chagrins,
Souris et peut-être que demain,
Tu verras le soleil briller pour toi…
(Paroles de Charlie chaplin)

